Contrôlé à 80 km/h au lieu de 40, il désigne son ami — mais un détail sur ses lunettes change tout le récit
Lecture rapide :
– Automobiliste flashé à 80 km/h en zone à 40 km/h
– Condamné pour dénonciation calomnieuse : 4 000 CHF avec sursis et 2 800 CHF d’amende/frais
– L’identification s’est jouée sur une photo LinkedIn et des lunettes
Un radar sur une bretelle d’autoroute près de Neuchâtel a photographié un véhicule circulant à 80 km/h dans une zone limitée à 40 km/h. Le propriétaire du véhicule a déclaré ne pas être au volant et a désigné un ami étranger, de passage en Suisse ; l’homme a confirmé cette version.
Excès de vitesse à Neuchâtel : doublement de la limite et qualification pénale
En Suisse, un dépassement de la vitesse de l’ordre du double de la limite est traité comme un grand excès de vitesse et peut entraîner des poursuites pénales, retrait de permis et, dans les cas graves, une peine privative de liberté. La contestation initiale aurait pu se limiter à l’amende, mais la désignation d’un tiers a placé l’affaire sur un autre terrain juridique.
Identification par photo professionnelle : quand les lunettes trahissent
Les clichés du radar montraient à plusieurs reprises la même silhouette au volant, ce qui a poussé les enquêteurs à approfondir l’identification. La comparaison avec la photo de profil LinkedIn du propriétaire a mis en évidence des lunettes caractéristiques portées sur la photo professionnelle et absentes sur celles de l’ami supposé, conduisant la justice à retenir l’identité du conducteur.
La justice du canton de Neuchâtel a finalement retenu une dénonciation calomnieuse, l’accusation reposant sur l’ensemble des éléments photographiques et la comparaison visuelle. Cette décision a transformé une contravention routière en procédure pénale.
Le conducteur a été condamné à 4 000 francs suisses avec sursis et à 2 800 francs suisses d’amende et de frais de justice, soit une facture totale équivalente à plus de 7 300 euros selon les conversions communiquées. La peine illustre l’effet multiplicateur d’une dénonciation infondée sur le coût final pour l’auteur.
Le cas s’inscrit dans une tendance où les autorités croisent désormais images radar, profils publics et autres traces numériques. L’enquête n’a pas nécessité de mandat pour consulter un profil en accès libre, expliquent les sources judiciaires, ce qui a permis une identification visuelle rapide.
Au-delà de l’affaire locale, les magistrats citent en exemple d’autres sanctions sévères en Europe, comme un cas rapporté en Finlande où un automobiliste a écopé d’une amende très élevée pour un excès de vitesse moindre, illustrant la variation des systèmes de sanctions selon les juridictions.
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