Un petit canton suisse se transforme en havre de paix pour les expatriés de Dubaï
Lecture rapide :
– Zoug attire des expatriés fuyant Dubaï après la guerre contre l’Iran
– Ville de 30 000 habitants, à 20 minutes de Zurich
– Taux d’imposition cantonal inférieur à 12 %, pôle de la Crypto Valley
Des files d’attente s’allongent devant les rares appartements disponibles à Zoug, ville au cœur d’un des plus petits cantons suisses située à 20 minutes de Zurich. Selon le Financial Times, l’afflux provient en grande partie d’expatriés chassés de Dubaï par la guerre contre l’Iran. La pression immobilière se manifeste tant sur le marché locatif que sur les logements de haut standing.
Pourquoi Zoug attire les expatriés de Dubaï
Le petit canton bénéficie d’une réputation solidement ancrée dans les milieux de la finance et des matières premières. Des acteurs interrogés mettent en avant le rôle historique de la région sur les marchés internationaux et son tissu professionnel spécialisé.
Pierre Gabris, PDG d’Alpen Partners, souligne que Zoug est connue « même de ceux qui n’y ont jamais mis les pieds ». Le canton a aussi profité de l’essor des technologies: surnommé la capitale de la Crypto Valley, il a vu l’ether y être lancé en 2015 et consolider une attractivité technologique et financière.
Atouts fiscaux et facilités administratives
Le canton séduit par un taux d’imposition sur les sociétés inférieur à 12 % et la proximité de la Bourse de Zurich. La possibilité de créer une société en quelques heures est régulièrement citée comme facteur d’attraction pour entrepreneurs et négociants.
Ces avantages expliquent en partie l’arrivée d’employés de banques ou de start-upers issus du Golfe. Les effets se mesurent sur le marché du travail local, où les CV de chargés de clientèle de banques américaines basées dans la région du Golfe s’accumulent sur les bureaux des banquiers d’affaires.
Contraintes : logement et permis
La hausse des demandes crée une crise du logement locale. Pour les ressortissants européens, l’accès au canton reste facilité par les accords bilatéraux Suisse-UE. D’autres nationalités doivent en revanche trouver un emploi ou créer une entreprise pour espérer obtenir un permis de séjour.
Les plus fortunés cherchent des accords fiscaux cantonaux, tandis que les profils salariés rencontrent des obstacles pratiques en matière de logement et d’intégration. Heinz Tännler, en charge des finances cantonales, reconnaît une augmentation des demandes de renseignements sans masquer la complexité des réponses administratives.
Vu par lemanfinance sur : Google News