Canicule en Europe : quels pays sont les plus vulnérables aux coupures d’électricité ?
Lecture rapide :
– Canicule accroît fortement la demande électrique en Europe
– Grèce +38,62% ; Hongrie 2,92 h de coupures/an
– Le solaire a fourni jusqu’à 50 GW en Allemagne
La troisième vague de chaleur de l’année met sous tension le réseau énergétique européen alors que les températures montent. Les services publics et les transports réduisent leurs offres, et des mesures locales — fermetures d’écoles, limitations ferroviaires, interdiction d’alcool sur la voie publique à Paris — témoignent du stress sur les infrastructures.
Canicule et risque de coupure d’électricité en Europe
Les prévisionnistes annoncent des pointes pouvant atteindre 43 °C en Méditerranée et des maxima autour de 38 °C dans le sud de l’Angleterre, avec des « nuits tropicales » potentiellement dangereuses pour la santé. En France, plus de la moitié des 96 départements ont été placés en alerte rouge, signe d’un risque sanitaire massif et d’une demande électrique amplifiée.
La hausse de la température entraîne un recours accru à la climatisation et aux ventilateurs, secteur qui représentait déjà environ 7 % de la consommation électrique mondiale pour le rafraîchissement en 2022. Lors de la vague de chaleur de début 2025, la consommation en soirée en France a grimpé de 25 % par rapport à la moyenne hors saison, illustrant la vulnérabilité du réseau lors des pics.
Pays européens les plus sensibles à la hausse de la demande
Une analyse de Compare the Market portant sur 85 pays montre que la Grèce subit la plus forte hausse de demande lors des mois les plus chauds, à +38,62 %, soit environ 143,08 kWh supplémentaires par personne et par mois de forte chaleur. Le Monténégro suit à +22,49 %, la Türkiye à +21,91 %, la Croatie à +17,76 %, l’Italie à +14,22 % et l’Espagne à +8,86 %.
Ces écarts reflètent des différences d’équipement en climatisation, de mix énergétique et d’efficacité des réseaux, facteurs qui déterminent la capacité des pays à absorber les pics de consommation sans recourir à des délestages.
Durée et coût des coupures d’électricité en Europe
En se basant sur les cinq dernières années, l’étude relève que la Hongrie connaît la plus longue durée moyenne de coupure en Europe avec 2,92 heures par an, suivie de la Slovénie à 2,16 heures et de la Grèce à 1,63 heure. Ces durées reflètent des fragilités système et des capacités de redondance limitées.
En termes de coût estimé pour les ménages, l’Italie arrive en tête avec environ 154,7 millions d’euros par an, juste devant la Pologne avec 152,1 millions d’euros. Ces montants utilisent la valeur économétrique standard de la « charge non distribuée » et ne reposent pas sur les prix locaux de l’électricité.
Rôle des renouvelables et du stockage pendant les pics
Malgré la pression sur le réseau, le solaire et les capacités de stockage ont apporté des marges de manœuvre. Pendant une vague de chaleur où les températures ont atteint 40 °C, la demande quotidienne d’électricité a augmenté jusqu’à 14 %, mais la production solaire de l’UE a aidé à stabiliser l’approvisionnement.
Le groupe de réflexion Ember note que le solaire a fourni jusqu’à 50 GW en Allemagne lors des jours de pic, couvrant entre 33 % et 39 % de la consommation nationale. L’Allemagne disposait par ailleurs d’environ 14 GW de stockage par batteries et 10 GW de stations de pompage, permettant de réutiliser une partie de l’électricité solaire après le coucher du soleil.
La canicule révèle des faiblesses variables selon les pays : capacités de refroidissement, disponibilité des centrales thermiques et déploiement des renouvelables conditionnent la probabilité de coupures. La combinaison solaire-plus-stockage apparaît comme un des leviers concrets pour réduire les risques lors des pics.
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