La Banque nationale suisse intensifie ses acquisitions de devises en 2025 suite à l’impact des tarifs douaniers…
La Banque nationale suisse a acheté des devises étrangères pour une valeur de 5,2 milliards de francs en 2025, soit plus du quadruple des 1,2 milliard acquis en 2024, selon son rapport annuel. Ces interventions ont été déclenchées après l’annonce en avril de tarifs douaniers élevés par le président américain Donald Trump, qui a alimenté une demande pour le franc refuge.
Le franc s’est apprécié de 14 % face au dollar l’année précédente et de 0,9 % contre l’euro, gonflant le coût des exportations suisses. La BNS maintient un taux directeur à 0 % et privilégie les achats de devises comme instrument principal pour freiner une appréciation trop rapide de la monnaie.
Interventions de la BNS sur le marché des changes et cadre légal
La BNS opère dans le cadre de la loi sur la Banque nationale et de son mandat de stabilité des prix. L’indépendance opérationnelle de l’institut lui permet d’intervenir sur les marchés des changes sans décision préalable du Conseil fédéral, mais la communication publique s’est intensifiée pour gérer les attentes des acteurs économiques.
Conséquences pour les exportateurs et exemple concret
Pour une entreprise exportatrice hypothétique comme Alpine Components SA, un franc renforcé réduit les marges à l’international et impose des ajustements tarifaires. L’effet se traduit par la renégociation des contrats libellés en dollars et par des contraintes sur la chaîne d’approvisionnement pour les composants importés.
Perspectives macroéconomiques et risques
Les économistes, dont GianLuigi Mandruzzato d’EFG Bank, anticipent une intensification des interventions pour 2026, conditionnée par la durée du conflit au Moyen-Orient et l’évolution des tensions commerciales internationales. La guerre en Iran a déjà renforcé les pressions haussières sur le franc.
Impacts opérationnels pour les institutions financières et calendrier
Les banques suisses doivent intégrer des scénarios de volatilité accrue dans leurs modèles de gestion des risques et couvrir les positions exportatrices. La BNS doit annoncer sa prochaine décision jeudi ; les marchés scrutent cette échéance pour calibrer les flux de capitaux.