Sondage : Près d’un Allemand fortuné sur deux envisage l’expatriation
Lecture rapide :
– Près d’un salarié très aisé sur deux envisage l’expatriation
– 288’000 Allemands ont quitté le pays en un an (Destatis)
– Revenu, qualité de vie et fiscalité sont les motifs principaux
Une enquête réalisée pour la plateforme Indeed révèle que la mobilité internationale gagne du terrain parmi les salariés allemands, en particulier les mieux rémunérés. Parmi les foyers disposant d’un revenu net mensuel d’au moins 6 000 €, 54 % déclarent avoir recherché des emplois à l’étranger ou envoyé des candidatures au cours des douze derniers mois.
Sondage : motivations financières et qualité de vie poussent au départ
Les réponses mettent en avant la perspective d’un revenu plus élevé et d’une meilleure qualité de vie, chacun cité par environ 51 % des sondés. Environ 42 % évoquent un climat plus agréable ou une fiscalité et des charges sociales moins lourdes à l’étranger, tandis que seulement 24 % indiquent que de meilleures perspectives de carrière sont le moteur principal.
Le sondage rappelle aussi que la pression fiscale est perçue comme un frein : sur 100 € de coût du travail pour l’employeur, un salarié moyen célibataire conserve environ 50,70 € nets. Par ailleurs, 70 % des personnes interrogées jugent que la charge fiscale en Allemagne est trop élevée au regard des rémunérations.
L’intérêt pour des postes à l’international a bondi depuis 2020, le nombre de recherches d’offres d’emploi à l’étranger ayant plus que doublé selon Indeed. Environ 66 % des répondants indiquent réfléchir, en principe, à un emploi à l’étranger, et près de 30 % ont déjà cherché concrètement des postes ou envoyé des candidatures.
Destinations et secteurs recherchés par les candidats à l’expatriation
Les recherches d’emploi à l’étranger montrent que les États‑Unis restent en tête avec 14,4 % des requêtes, malgré un recul de 34 % par rapport à l’an précédent. Le Royaume‑Uni et la Suisse suivent à 13,6 % chacun, tandis que l’intérêt pour le Royaume‑Uni a progressé de 38 %; les Émirats et l’Inde gagnent 24 % et l’Australie 10 %.
Les postes recherchés sont principalement des emplois de bureau classiques, notamment dans le marketing, ainsi que des offres dans les technologies, l’hôtellerie et la logistique. Ces tendances s’inscrivent dans un contexte où l’Allemagne attire aussi des professionnels hautement qualifiés de pays tiers, notamment dans les technologies de l’information et la recherche.
Conséquences chiffrées et analyses
Selon l’Office fédéral de la statistique Destatis, l’an dernier environ 97’000 Allemands de plus sont partis qu’ils ne sont revenus, le plus fort déficit migratoire net depuis 2017. Pour les personnes non allemandes, le solde migratoire reste positif à plus de 200’000.
Pour Virginia Sodergeld, économiste du marché du travail chez Indeed, la mobilité internationale est globalement bénéfique, mais elle avertit : « Lorsque deux tiers des salariés envisagent de partir, il faut y voir aussi un signe de mécontentement à l’égard des conditions d’exercice en Allemagne. » Cette observation relie les motivations individuelles aux tensions structurelles du marché du travail allemand.
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